Réseau social : Mastodon fédère déjà plus de 700.000 abonnés


Réseau social : Mastodon fédère déjà plus de 700.000 abonnés

Ce réseau, semblable à Twitter a réussi à séduire et fédérer ses abonnés...

Depuis son lancement médiatique en avril 2017, Mastodon s’est fait discret. Ce réseau social « libre » rassemble pourtant des centaines de milliers de comptes à travers le monde. Passé l’effet de mode, on aurait pu craindre un effet « pétard mouillé » mais, une fois installés, les utilisateurs sont finalement restés pour l’esprit des lieux.

Vous n’en avez jamais entendu parler ? Avec 771.000 abonnés dans le monde, Mastodon est pourtant devenu un réseau qui compte, même s’il n’est qu’une poussière face aux géants comme Facebook. Petit rappel : le réseau social Mastodon, c’est un Twitter décentralisé. Au lieu d’avoir un point central qui gère le tout, comme chez Twitter, Mastodon est constitué d’une multitude de portes par lesquelles y entrer : ces points d’accès sur le réseau sont des « instances ». Et il existe une instance pour chaque communauté, des LGBT aux communistes, en passant par l’Etat français. Elle peut être privée ou publique, selon les désirs de chacun. A l’inverse de Twitter, vos messages ( appelés « toots » ou « pouets ») peuvent faire jusqu’à 500 caractères. Voilà pour le vocabulaire de base.

Photo et tricot

Au-delà de la nouveauté c’est justement cette liberté qui a attiré tous les partisans de l’internet libre sur Mastodon, et qui les a conduits à s’y installer pour de bon. Exemple : sur Twitter, vous avez forcément vu passer des messages de personnes aigries ou en colère.

Sur Mastodon, même si les trolls existent aussi (ils sont partout), on évite ce genre de comportement. « Un message fait par défaut 500 caractères, ce qui laisse place à de vraies discussions », explique @devnull, fan de photo. « D’ailleurs cette limite est artificielle. Certaines instances autorisent des posts beaucoup plus longs. Par conséquent, il est possible de discuter avec des gens qui partagent les mêmes centres d’intérêt. Et il n’y a pas le flot d’idioties et de messages haineux régulièrement postés par certains médias ou politiques… c’est reposant. » Pouhiou, chargé de communication chez Framasoft, y a trouvé une communauté d’amateurs de crochet. « Avec la longueur des messages, il n’y a pas de phrases chocs et d’émotions pures », confirme-t-il.

Ce succès, c’est une question de timing, aussi. « On arrivait à un moment ou tout le monde s’était rendu compte des dangers de Twitter en matière de gestion des données. Il était temps qu’un nouvel acteur apparaisse », explique Carl Chenet, architecte de systèmes informatiques installé sur Mastodon depuis le mois d’avril. Ce réseau mélange de nombreux profils : des geeks, évidemment, mais pas que. « On trouve aussi beaucoup d’artistes, de poètes, de philosophes, qui se sentaient à l’étroit sur Twitter. Le cœur d’utilisateurs, ce sont des gens qui se sentent à l’aise avec cet outil qui correspond à leurs idées », résume-t-il.

Twitter persiste

Tout n’est pas idyllique pour autant, rappelle @Devnull qui reconnaît quelques défauts à ce réseau encore en construction. « Comme sur Twitter, les messages privés ne sont pas vraiment privés », souligne-t-il. « Et les contributeurs ne sont pas toujours d’accord entre eux sur ce qu’il faut rajouter ou pas comme fonctionnalité. Il y a des choses à travailler à ce niveau-là. »

En intégrant ce nouvel espace, ces défenseurs de Mastodon ont dû reconstruire leur réseau, retrouver leurs followers. C’est l’une des raisons pour lesquelles ils n’ont pas abandonné Twitter : malgré leurs critiques, aucun d’entre eux n’a supprimé son compte. « Pour l’instant je reste sur Twitter car j’y ai un réseau important », explique Carl Chenet Chenet, suivi par près de 3.000 personnes.


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