Cnil : la nouvelle politique de confidentialité de Google ne respecte par le droit européen


Cnil : la nouvelle politique de confidentialité de Google ne respecte par le droit européen

Comme souvent, Google revendique la nature positive de l’évolution de sa politique de confidentialité, insistant notamment sur les bénéfices pour l’utilisateur. Mais le discours ne convainc pas réellement.

Les procureurs généraux de 36 Etats américains ont ainsi interpellé Google et sollicité un entretien avec son PDG, Larry Page. En cause : un risque apparent d’intrusion dans la vie privée des utilisateurs et l’absence d’options de contrôle pour ces derniers.

Compréhension des données collectées impossible

Dans un communiqué publié sur son site, la CNIL, désignée par le groupe Article 29 pour « mener l’analyse des nouvelles règles de confidentialité de Google », n’épargne pas non plus le géant américain.

Le constat est même sévère : « L’analyse préliminaire montre que ces nouvelles règles ne respectent pas les exigences de la Directive européenne sur la protection des données (95/46/CE) en termes d’information des personnes concernées » écrit la Cnil en préambule.

La volonté de simplification revendiquée par Google est saluée. Mais ce pourrait bien être la seule qualité du dispositif. « La fusion des règles de confidentialité des services de Google rend impossible la compréhension des données personnelles collectées, des finalités, des destinataires et des droits d’accès pertinents pour chaque service » considère la Cnil.

Et c’est pour cette raison que le gendarme français des données personnelles juge que Google ne respecte pas le droit européen. « Google devrait compléter sa politique de confidentialité avec une information spécifique pour chaque service et chaque finalité » ajoute-t-il.

Doutes sur les pratiques réelles de Google

A ce constat s’ajoutent des « inquiétudes et des interrogations » sur les pratiques "réelles" de l'entreprise. « Les nouvelles règles autoriseraient Google à afficher sur Youtube des publicités liées à l’activité de l’utilisateur sur son téléphone Android (numéro de téléphone, numéros appelants, heure et durée des appels) et à sa localisation » cite par exemple la Cnil.

Les nouvelles possibilités de croisements de données découlant de la politique de Google, couplées à l’utilisation de cookies (récemment décriée) inquiètent donc les autorités européennes. Ces dernières s’interrogent en outre la « licéité » et la « loyauté » de ces croisements.

La Cnil, pour le compte du groupe Article 29, demande donc de nouveau à Google de reporter la mise en œuvre de sa nouvelle politique de confidentialité, prévue jeudi 1er mars. La firme de Mountain View a jusqu’à présent exclu tout report. Y sera-t-elle finalement contrainte ?


Source : Zdnet